Longtemps cantonnée à l’image du paquebot bondé pour retraités, la croisière traverse une transformation profonde. En France, 583 600 personnes ont embarqué en 2025, soit une hausse de 1,8 % sur un an selon la CLIA, et le pays réintègre le top 10 mondial. Derrière ce regain, une réalité plus nuancée : les profils changent, les formats s’élargissent, et l’offre s’adapte à des voyageurs qui n’auraient jamais envisagé de monter à bord il y a dix ans.
Des profils qui ne ressemblent plus à l’image d’antan
Les couples représentent encore 40 % des demandes, mais les familles avec enfants pèsent désormais 34 % du marché français. La tranche des 35-55 ans s’impose comme la plus active côté réservations, tandis que les millennials et la génération Z se tournent vers des formules thématiques : croisières bien-être, gastronomie, musique ou expédition. En 2011, 16 % des Français déclaraient avoir déjà fait une croisière. Ils sont aujourd’hui 27 %, et 65 % des personnes interrogées envisagent d’en faire une dans les cinq prochaines années.
A découvrir également : Croisière en Polynésie française : ce qu'il faut savoir avant de se lancer
Ce mouvement n’est pas passé inaperçu dans la presse lifestyle. Biba Magazine a consacré un article à la façon dont des plateformes comme Central Cruise participent à ce changement d’image, en ciblant explicitement un public plus jeune et en simplifiant la comparaison des offres de croisières. L’un des leviers clés : les mini-croisières de 2 à 5 jours, à 392 € en moyenne par personne, qui permettent de tester l’expérience sans engagement. Ce format représente déjà près d’un quart des réservations.
Nouvelles destinations, nouveaux formats
La Méditerranée reste la référence avec 61 % des intentions de réservation françaises, mais d’autres horizons s’ouvrent franchement. Les demandes pour l’Alaska ont bondi de 275 % en 2025, celles pour les fjords norvégiens ont plus que doublé, et la fréquentation de l’Antarctique a quadruplé. Ces itinéraires d’expédition, souvent à bord de « small ships » de moins de 300 passagers, coûtent en moyenne 5 820 € par personne pour l’Antarctique, mais ils répondent à un appétit documenté pour des voyages vécus intensément. Le segment des croisières d’expédition a progressé de 22 % en un an, et plus de 70 % des navires actuels ou à venir sont de petite ou moyenne taille.
A lire également : Tour du monde en croisière : ce qu'il faut savoir avant de se lancer
L’écologie, un frein qui pousse aussi à innover
La question environnementale reste réelle. L’étude FLASHS/Sinay de mai 2025, menée auprès de 2 000 Français représentatifs, souligne que la progression de l’envie de croisière est conditionnée aux attentes en matière de prix et d’écologie. En réponse, la France et Monaco ont signé en juin 2025 une charte croisière durable pour la Méditerranée, avec une vingtaine d’engagements applicables dès janvier 2026 : raccordement électrique à quai, réduction des rejets, limitation du bruit. D’ici 2028, 72 % de la flotte mondiale sera équipée pour l’alimentation électrique à quai, selon la CLIA.
La croisière ne ressemble donc plus tout à fait à ce qu’elle était. Elle reste un marché en croissance, mais c’est surtout un secteur qui apprend à se raconter autrement.

