Il y avait une île isolée dans l’Indien avec l’ air créole et l’accent français. Il y avait une collection de paysages impossibles où les volcans sont encore vivants et il y a des étapes impraticables entre les grandes montagnes. Il y avait un mélange d’origines, de couleurs de peau et de saveurs où dominent les arômes de vanille, de curcuma et de rhum vieilli. Une fois sur l’ île de la Réunion, l’île la plus abrupte et la plus belle de l’ archipel des Mascareñas. Une destination pas trop connue mais avec beaucoup à offrir d’une nature qui devient folle et vous permet d’écouter son rythme cardiaque. A mon retour de ce trésor de sang créole coupé par les forêts nuageuses, je peux assurer que j’ai vécu des moments incroyables, de ceux qui partent sans souffle. Et après avoir écrit bon nombre des particularités dont j’ai été témoin, j’ai préparé une liste de 50 conseils utiles de se rendre à l’île de la Réunion pour pouvoir montrer d’un côté quelque peu pratique ce trésor d’outre-mer que les Français se cachent avec un tel zèle.Quel est le meilleur moment pour aller à la Réunion ? Est-ce une destination qui vous permet d’improviser ? Comment vont vos hôtels ? Quelles expériences ne devrions-nous pas cesser d’avoir ? C’est cher ? Que faire si nous coïncidons avec l’éruption du Piton de la Fournaise ? À travers différents blocs thématiques, je vais essayer de répondre à ces doutes que chaque voyage à la Réunion cause.
Les documentations nécessaires pour se rendre à l’île de La Réunion
Avez-vous besoin d’un VISA ?

A lire en complément : Quelle meilleure période pour aller à La Réunion ?
L’île de la Réunion, département d’outre-mer français, fonctionne comme une extension de la métropole : aucune formalité supplémentaire à prévoir pour les citoyens européens. Seule la carte d’identité suffit, même si le passeport, en secours, peut dépanner si la carte se perd ou qu’une situation administrative inattendue survient. Les formalités sont donc réduites à leur strict minimum, un vrai luxe pour voyager léger.
Vols pour l’île de la Réunion
Pas de liaison directe depuis l’Espagne : pour rejoindre la Réunion, il faut obligatoirement passer par la France hexagonale, généralement via Paris-Orly. Air France reste la compagnie la plus présente entre Saint-Denis et la capitale, mais Air Corsica et Air Austral desservent aussi l’île, toujours au départ de la France. Comptez environ 11 heures de vol depuis l’Europe, un trajet long, et souvent onéreux. Les billets débutent autour de 800 €, mais en haute saison, les prix grimpent facilement au-delà de 1200 €. Parfois, des offres apparaissent sous la barre des 800 €, mais il faut être rapide et viser la basse saison pour profiter de ces créneaux très précis. Air Austral propose aussi des liaisons avec Johannesburg, Bangkok, Antananarivo, Maurice ou les Comores, élargissant les options pour les voyageurs venus d’ailleurs.
A découvrir également : Le meilleur moment pour partir à Zanzibar en Tanzanie

Quelle est la meilleure période pour voyager à l’île de La Réunion ?
Sur l’île, deux saisons se succèdent : de mai à octobre, l’air est plus sec et les températures plus fraîches. Entre novembre et avril, chaleur et humidité prennent le relais. Les montagnes reçoivent leur lot de pluie même en saison sèche, mais les températures restent agréables toute l’année, particulièrement sur les côtes, où le thermomètre descend rarement sous les 20 °C. Dans les hauteurs, en revanche, il peut faire nettement plus frais, surtout à la nuit tombée. Les microclimats sont monnaie courante : il peut pleuvoir d’un côté du cirque et faire grand soleil quelques kilomètres plus loin.

Le pic de fréquentation correspond à l’été européen, la période la moins pluvieuse sur l’île, mais aussi la plus chère pour l’hébergement et les vols. Les baleines à bosse passent près des côtes de juin à mi-septembre, attirant encore plus de visiteurs. Pour combiner météo clémente et tarifs raisonnables, privilégiez mai, juin ou octobre : au début ou à la toute fin de la saison sèche, loin de la cohue estivale.
Avez-vous besoin d’une vaccination pour vous rendre à l’île de La Réunion ?

Pas de vaccin obligatoire pour voyager à la Réunion. Le climat tropical favorise la présence de moustiques, mais le paludisme est absent. L’épisode du chikungunya (2005-2007) appartient désormais au passé, même si l’usage d’un bon répulsif reste judicieux, surtout à proximité des zones humides. Les précautions de base sont de mise, comme pour tout voyage sous les tropiques : vêtements longs au lever et au coucher du soleil, répulsif efficace plutôt qu’un simple bracelet odorant (inutile !), voire agrumes pour les plus traditionnels, mais sans garantie.

Le soleil tape fort, notamment lors des randonnées autour du Piton de la Fournaise, où l’absence d’ombre et la réverbération des pierres volcaniques rappellent la blancheur aveuglante des pistes de ski. Inutile d’envisager une valise sans crème solaire indice élevé, chapeau et lunettes. Ces équipements sont vos meilleurs alliés contre les coups de soleil et la déshydratation.
Comment se déplacer autour de l’île ? Faut-il louer une voiture ?
Le réseau de bus reste fiable, mais pour profiter pleinement de la Réunion, rien ne vaut la liberté d’une voiture de location. Dès l’aéroport Roland Garros, récupérer un véhicule offre une autonomie précieuse et la possibilité de s’arrêter à loisir sur les plus belles routes panoramiques de l’île. Franchement, difficile de s’imaginer explorer les cirques, les plages et les sommets sans volant.

Comptez 45 à 50 € par jour pour une voiture de catégorie moyenne, soit un budget d’environ 400 à 500 € pour 8 à 10 jours. Un exemple : une Renault Clio diesel avec GPS, louée directement à l’aéroport, a permis de parcourir 1200 km sur l’île, offrant une flexibilité inégalable. Pour comparer les offres, des sites spécialisés comme Rentalcars.com s’avèrent pratiques, avec des réductions allant jusqu’à 15 %. Le choix du diesel est souvent plus économique, la différence de prix à la pompe pouvant atteindre 36 centimes par litre (chiffres d’octobre 2015), avec un coût total au carburant d’environ 80 à 100 € pour 10 jours de route intensive.

Le GPS fait parfois des siennes, surtout en ville où il confond rues principales et impasses, mais reste utile pour cibler des points précis. Les routes principales sont dignes d’un pays européen ; dans les montagnes, l’asphalte reste de qualité, mais il faut composer avec des virages et parfois du brouillard ou des pluies soudaines. Les panoramas incitent à multiplier les arrêts photo : prévoyez large pour vos trajets.
La monnaie et les paiements sur place

La Réunion utilise l’euro, comme partout en France. Les paiements se font sans difficulté, que ce soit dans les commerces, hôtels ou restaurants des zones touristiques. Les distributeurs automatiques sont présents sur l’ensemble du territoire, même dans les stations-service les plus isolées.

Les cartes de crédit sont généralement acceptées
Les cartes bancaires, Visa, Mastercard, parfois American Express, passent sans problème dans la plupart des établissements, à l’exception des petits commerces ou restaurants traditionnels où le paiement en espèces reste de rigueur. Dans les hôtels, boutiques et agences d’activités, le paiement par carte est la norme.
En termes de budget, la Réunion se situe dans la fourchette haute, avec un coût de la vie supérieur de 10 à 15 % à celui de la métropole. L’isolement logistique pèse sur les prix, mais la restauration et le transport restent abordables. Beaucoup d’activités, en particulier les randonnées, ne coûtent rien, ce qui permet d’équilibrer la facture globale. Pour un séjour de 10 jours en couple, vols et hébergement compris, le budget moyen dépasse facilement 2500 €. Les expériences comme l’hélicoptère, la plongée ou le parapente font grimper l’addition au-delà de 3000 €. Voyager seul, contrairement à d’autres destinations, ne fait pas baisser sensiblement la note sur l’hébergement.
Expériences extraordinaires
Ne manquez pas le Guide des endroits incroyables à voir à la Réunion !
La Réunion est un paradis pour la randonnée, avec des milliers de kilomètres de sentiers balisés, accessibles à tous les niveaux. Les itinéraires autour des cirques de Salazie, Cilaos ou Mafate, ou encore sur les pentes du grand volcan, font figure de références mondiales. S’il fallait résumer l’île en une activité, ce serait le trekking.

Parmi les expériences qui marquent, survoler la Réunion en hélicoptère reste inoubliable. Pour 250 à 320 €, on s’offre 45 minutes de vol et un condensé de paysages uniques : vallées, cratères, forêts et, si la météo le permet, le volcan en activité. Deux compagnies, Corail et Helilagon, opèrent depuis Saint-Gilles ou Saint-Pierre. La météo dicte le programme : confirmation la veille, annulation ou adaptation en cas de mauvais temps. Mieux vaut réserver tôt dans le séjour pour se laisser une marge de report si besoin.

Pour des points de vue spectaculaires, accessibles en voiture, ne ratez pas : la vallée de Takamaka depuis la centrale, Cilaos depuis la Roche Merveilleuse, le Maïdo dominant le cirque de Mafate, Bois Court à la Plaine des Cafres (vue sur le Grand Bassin), et bien sûr le Pas de Bellecombe devant le Piton de la Fournaise.
Si la nature est omniprésente, quelques villes méritent l’attention pour leur architecture créole : à Saint-Denis, entre l’avenue de la Victoire et la rue de Paris, se dressent de belles demeures coloniales, tandis qu’Hell-Bourg, dans le cirque de Salazie, est classé parmi les plus beaux villages de l’île avec ses chalets en bois colorés. Au sud, Entre-Deux vaut aussi le détour pour ses maisons traditionnelles et ses lambrequins.

Pour les amateurs de sensations, Saint-Leu, à l’ouest, s’est imposé comme la capitale du parapente de la Réunion. Plusieurs sociétés proposent des vols en tandem depuis les Colimaçons (800 m d’altitude) jusqu’à la plage, pour 70 à 100 € la demi-heure.
À l’opposé, Saint-Gilles et alentours offrent une ambiance balnéaire très occidentalisée, sans grand charme et avec des plages où la baignade est souvent interdite à cause des requins. Ces lieux conviennent surtout à ceux qui veulent surfer, plonger ou se reposer sans rien faire.
Entre juin et septembre, l’observation des baleines à bosse devient l’une des grandes attractions : sorties en mer, survols en hélico, photos spectaculaires. Des excursions de snorkeling sont aussi proposées pour tenter d’apercevoir les géantes sous l’eau, mais ces activités se réservent très en avance. En dehors de cette période, les dauphins sont présents toute l’année.
Le grand volcan Piton de la Fournaise… Est-ce qu’il éclaire ?
Si le Piton de la Fournaise entre en éruption lors de votre séjour, saisissez l’occasion : peu de régions au monde permettent d’observer un volcan actif d’aussi près. Pour se tenir informé de l’activité du volcan, consultez les sites fournaise.info et celui de l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise, qui publient régulièrement des bulletins, des tendances sismiques et diffusent même des images en direct grâce à leurs webcams.

Quand la lave coule, il s’agit de bien se renseigner sur l’accessibilité : les éruptions se produisent sur des zones immenses, parfois visibles, parfois non. Certaines sociétés locales, comme Kokapat Rando, organisent des randonnées jusqu’aux points d’observation autorisés. Ne partez jamais seul : le temps peut changer brutalement et la nuit, le spectacle est encore plus grandiose. Prévoyez vêtements adaptés, téléphone chargé, lampe et signalez toujours votre itinéraire à votre hébergement.
Où dormir à l’île de La Réunion ?
Sur le plan hôtelier, la Réunion ne rivalise pas avec l’île Maurice. Le parc d’hébergement, bien que varié, souffre parfois d’un manque de disponibilité et de modernité. Le rapport qualité-prix reste perfectible, et la réservation anticipée est indispensable, surtout à l’approche de la haute saison. Trouver une chambre double avec salle de bain privée en dessous de 60 € relève de l’exploit : pour 8 nuits, comptez 400 à 500 € minimum. Voyager seul n’offre qu’une faible réduction, souvent moins de 10 %.
Beaucoup d’hébergements n’ont pas encore de site web ou de présence sur les plateformes de réservation, et il faut parfois les contacter par mail (en français de préférence, l’anglais étant rare). Ceux qui maîtrisent Internet affichent souvent complet rapidement. Bonne nouvelle : le site officiel du tourisme (www.reunion.fr) permet maintenant d’effectuer des réservations en ligne, que ce soit pour des hôtels, gîtes ou campings.
Le niveau d’anglais reste faible dans le secteur, mais le personnel est généralement disponible et de bon conseil pour organiser vos excursions. Le wifi est largement répandu et gratuit dans la quasi-totalité des établissements.

Que mange-t-on à l’île de La Réunion ?
La Réunion est le fruit d’un brassage de peuples, de religions et de traditions. Sa cuisine créole réunit influences indiennes, malgaches, chinoises et françaises. Les plats sont épicés, relevés sans être brûlants, et la vanille s’invite souvent dans les préparations. Le cari (curry local), la sauce rougail, les bichiques ou les samoussas figurent en bonne place sur toutes les tables.

Pour vivre une vraie expérience culinaire, poussez la porte des « maisons créoles » : ces restaurants installés chez l’habitant proposent des menus du jour authentiques, servis dans une ambiance familiale. Le rhum arrangé, parfumé à la vanille ou aux fruits tropicaux, accompagne souvent le repas. Un déjeuner ou dîner coûte entre 10 et 15 €, hors boissons. Dans l’action, il arrive souvent de privilégier les épiceries ou supermarchés pour s’équiper en snacks, fruits ou barres énergétiques, à glisser dans le sac avant une longue randonnée.
Comparaison avec Maurice
La proximité géographique n’efface pas les différences : Maurice et la Réunion se distinguent nettement. Maurice attire par ses plages, ses hôtels et la douceur du farniente. La Réunion, elle, joue la carte des paysages, du trekking et d’une authenticité préservée. Si votre priorité va aux vacances actives, à l’exploration et aux panoramas spectaculaires, la Réunion s’impose. Pour un séjour axé sur la détente et la plage, Maurice reste imbattable.
Pour les voyages de plus de 15 jours, rien n’empêche de combiner les deux îles. La Réunion demande un peu plus de temps pour être pleinement savourée : une répartition 8/7 ou 9/6 jours, par exemple, permet de profiter des deux mondes.

Des vols quotidiens relient les deux îles, mais les tarifs ne sont pas donnés : comptez 200 à 250 € aller-retour pour moins d’une heure de vol. En haute saison, la note grimpe. Parfois, une option « multi-destination » permet de rejoindre la Réunion et de repartir de Maurice, ce qui peut se révéler plus économique. Air France assure l’essentiel de la desserte depuis Paris.
Voyager l’esprit tranquille
Partir à la Réunion sans assurance voyage ? Mieux vaut ne pas tenter le sort, surtout si l’on compte pratiquer des activités de plein air. Une couverture adaptée protège des imprévus médicaux ou accidents, et évite bien des soucis.
La Réunion se distingue par une grande sécurité : sortir le soir, se promener dans les rues, tout se fait sans crainte. Restez vigilant dans les espaces très fréquentés (Saint-Denis notamment), comme vous le feriez chez vous. Le bon sens reste la meilleure protection, ici comme ailleurs.
Accessibilité aux personnes en situation de handicap
Sur ce point, la Réunion avance, mais le chemin reste long. Les accès pour fauteuils roulants progressent dans certains lieux naturels ou sites touristiques, mais l’orographie et l’état des rues compliquent encore la mobilité. Le braille est rarement disponible, et la destination peut s’avérer difficile pour les personnes à mobilité réduite. L’évolution est positive, mais l’île ne répond pas encore aux standards européens en matière d’accessibilité.
Quelques repères et conseils pour votre séjour à La Réunion
Le français règne en maître, même si le créole, savant mélange d’influences, se parle partout. L’anglais est rarement compris, et l’espagnol presque inexistant, à l’exception de quelques expatriés.
Bonne nouvelle : pas besoin d’adaptateur électrique, les prises sont identiques à celles de la métropole et fonctionnent en 220 V.
La Réunion ne doit pas être vue comme une destination « plages ». Les coins propices à la baignade se comptent sur les doigts d’une main : Roches Noires, Boucan Canot, Grande Anse. D’ailleurs, la plupart des plages sont soumises à des restrictions strictes à cause des attaques de requins. Des filets de protection devraient être installés prochainement pour sécuriser certaines zones, mais la baignade reste globalement limitée.
L’eau du robinet est potable, puisée dans les montagnes, traitée et contrôlée. Préférez remplir une gourde plutôt que multiplier les bouteilles en plastique.
Un conseil à ne pas négliger : emportez toujours un imperméable dans le sac à dos. Le temps change vite et peut surprendre même les plus blasés. Un grand poncho couvrant aussi le sac protège appareils photo, argent et papiers.

La Réunion demeure encore peu connue hors de la sphère francophone et allemande. Les guides papier les plus complets sont en français : le Guide Evasion Réunion de Geoffroy Morhain, La Réunion chez Lonely Planet par Olivier Cirendini, ou les ouvrages de la maison Orphie, spécialisés en randonnées et cascades.

La Réunion, c’est une promesse de contrastes, de rencontres et d’aventures à chaque virage. Entre les crêtes vertigineuses et la douceur des marchés créoles, l’île se livre à ceux qui prennent le temps de l’apprivoiser. Reste à savoir si vous serez de ceux qui, un jour, raconteront à leur tour ce souffle unique qui traverse la Réunion.

